Instabilité géopolitique et pression sur les prix de l’énergie
La guerre en Iran a profondément bouleversé le secteur de l’énergie en très peu de temps, avec un impact significatif sur les prix du gaz et du pétrole. Le prix du Brent, la référence du pétrole brut sur les marchés internationaux pour l’Europe, a grimpé très rapidement. Un baril de pétrole brut coûtait environ 70 dollars avant le début de la guerre et a dépassé le cap des 100 dollars le 9 mars. Ce prix a légèrement reculé depuis l’ouverture des marchés, après avoir flirté avec les 117 dollars, ce qui a ramené le Brent au niveau atteint durant l’été 2022 à la suite de la guerre en Ukraine.
La crise énergétique actuelle peut être analysée sous deux angles qui s’influencent également mutuellement : l’impact sur les prix et la sécurité d’approvisionnement.
Prix
Les consommateurs l’ont clairement ressenti à la pompe. Quelques jours après le début de la guerre, le prix maximum du diesel dans notre pays est passé de 1,77 euro/litre à 1,92 euro/litre (5 mars). L’essence a moins augmenté, passant de 1,63 euro/litre à 1,67 euro/litre.
Le mécanisme des prix maximums prévu dans le cadre de l’Accord de programme entraîne un effet de retard : une hausse (ou une baisse) des prix des carburants sur les marchés internationaux n’est pas immédiatement répercutée à la pompe dans notre pays. Un certain seuil doit être dépassé sur plusieurs jours avant qu’une modification de prix n’intervienne concrètement à la pompe. Comme les stations-service — dont environ la moitié sont de petits indépendants — paient le prix international pour les carburants qu’elles achètent mais ne peuvent pas le répercuter immédiatement sur le prix effectif à la pompe, beaucoup d’entre elles sont confrontées à des problèmes de trésorerie. L’évolution des prix dans les prochains jours reste difficile à prévoir et dépendra évidemment de la situation géopolitique et de la réaction des marchés internationaux. Pour comprendre le mécanisme de fixation des prix des produits pétroliers en Belgique, nous vous renvoyons vers notre site web : https://www.energiafed.be/fr/prix-maximums
Sécurité d’approvisionnement
La fermeture du détroit d’Hormuz — par lequel transite chaque jour 20 % de tout le pétrole brut mondial (soit environ 20 millions de barils par jour) — pourrait mettre en danger la sécurité d’approvisionnement dans certaines régions. Cependant, comme la grande majorité de ce pétrole est destinée essentiellement au transport du Moyen-Orient vers la Chine et le Japon, et non vers l’Europe, son impact sur l’approvisionnement en pétrole de l’Europe et de notre pays ne constitue pas un problème immédiat. Seuls 10 % du pétrole importé dans notre pays proviennent du Moyen-Orient (37 % d’Europe, 18 % des États-Unis, 16 % d’Afrique). La Belgique dispose donc d’un approvisionnement diversifié en provenance de différents pays, ce qui permet de compenser un éventuel problème d’approvisionnement provenant d’une région spécifique par d’autres régions du monde. Dans des cas exceptionnels, les réserves stratégiques de carburant peuvent être utilisées. Pour notre pays, cela correspond à environ 90 jours de produits pétroliers.